Une offre d'emploi "low cost" basé à Pondichéry en Inde et rémunéré en roupies indiennes l'équivalent de 160 à 320 euros par mois,
a déclenché la polémique ce week-end entre l'ANPE et des syndicats, alors que le gouvernement s'apprête à durcir les obligations pour les chômeurs.
Révélée par Le Parisien, cette offre à prix cassé porte sur un poste d'informaticien niveau Bac+2 spécialisé dans la conception de sites web.
Une connaissance de l'anglais courant et technique est requise et le salaire proposé est de "10.000 à 20.000 roupies" pour "40H00 hebdomadaires", selon l'offre toujours disponible dimanche sur le site ANPE. "Protection sociale et avantages à négocier", précise l'annonce.
Pour Alain Lecanu du syndicat des cadres CFE-CGC, "c'est incroyable, la mention +protection sociale à négocier, c'est carrément du marchandage". "Rien n'empêche les entreprises d'embaucher des gens en contrat de droit français, avec le salaire français, et de les détacher là-bas s'ils sont partants", a-t-il déclaré à l'AFP.
Selon lui, "cela montre bien qu'on a beaucoup de travail à faire sur la qualité des offres d'emploi" disponibles, au moment où le gouvernement s'apprête à durcir la législation pour la rendre plus coercitive et obliger les salariés au chômage à accepter un emploi, même moins payé ou plus éloigné que souhaité.
"Est-ce que, pour le gouvernement, cela fait partie des offres raisonnables d'emploi ?", s'est-il interrogé, à deux jours d'une première grande réunion tripartite sur l'avenir de l'assurance chômage, avec les syndicats, le patronat et la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde.
Interrogé sur RTL, le directeur de l'ANPE, Christian Charpy, s'est étonné de la polémique: "le salaire proposé est quatre à cinq fois supérieur au salaire moyen en Inde. Chacun est libre de faire ou non une expérience d'expatriation et je ne vois vraiment pas pourquoi on se pose la question de savoir si cette offre est légitime ou pas légitime", dit-il, s'engageant à accompagner tout postulant dans ses démarches.
Parmi ses 3 à 4 millions d'offres collectées chaque année, l'ANPE en propose de nombreuses à l'étranger, dans les travaux publics notamment, mais pour des salaires au niveau français (comme 20.000 à 35.000 euros annuels pour un poste de développeur informatique à Casablanca au Maroc).
Pour qui veut absolument à partir en Inde, un transitaire cherche son délégué commercial à New Delhi... payé 20.000 à 40.000 dollars US.
Selon le Journal du Dimanche, l'offre payée en roupies émane d'une agence web fondée en 1997 en Charente-Maritime à Jonzac, sur le créneau de la création et du développement de services internet et d'outils de communication multimédia, et délocalisée à Pondichéry depuis 2007 sous le nom de Hangar 17 ICT.
Son dirigeant Denis Delcroix n'était pas joignable dimanche par l'AFP. Dans les colonnes du JDD, il a nié avoir déposé l'offre à l'ANPE mais reconnu être l'auteur d'offre identique sur des sites privés d'offre d'emplois. "Je suis dans mon droit, je suis une entreprise indienne, j'embauche aux conditions locales", a-t-il expliqué.
Sur son site M. Delcroix explique que "la globalisation du marché des TIC (télécoms, informatique, communication, ndlr) l'a amené à ce nouveau positionnement stratégique".
"L'objectif est de continuer à apporter des solutions toujours plus innovantes, à des tarifs ultra-compétitifs", explique-t-il à l'adresse des clients parmi lesquel des marques de cognac du groupe LVMH, des collectivités, des industriels... et même l'ANPE elle-même.
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